🏖️ Récit personnel pour cet été

🇫🇷 Je ne suis pas arrivé en France avec l’idée d’exercer le métier que je fais aujourd’hui.

🛬 Je me souviens très bien le jour où j’atterrissais pour la première fois dans une ville européenne : j’ai eu un choc visuel immédiat et réalisé très vite que je ne comprenais presque rien à ce qui se passait autour de moi. Même si je parlais déjà l’anglais à l’époque,

  • Les gestes,
  • Les attitudes,
  • Les conversations,
  • Les émotions des gens…

Tout m’échappait.

Oui, il me manquait les codes implicites pour m’intégrer convenablement dans la vie quotidienne locale.

🇨🇳 D’origine chinoise, je vis en France depuis plus d’un quart de siècle, une aventure qui a commencé par une grande frustration et une adaptation forcée.

Pendant des années, j’ai vécu ma vie « entre les deux » à 360°, faite de réussites et d’échecs. C’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser aux logiques profondes des cultures. Ce qu’on n’apprend pas forcément dans les manuels, mais dans l’observation, la langue et le vécu.

Au fil du temps, ma passion pour l’interculturel est née et je suis devenue fascinée par ce qui unit, parfois sépare, les personnes de différentes cultures et conditions sociales, et surtout par les moyens de convergence possibles pour mieux communiquer et réussir ensemble.

J’ai appris à

  • Écouter entre les lignes, au-delà des mots,
  • Repérer les malentendus invisibles mais coûteux,
  • Construire des ponts de confiance là où d’autres voient des murs,
  • Comprendre ce qui, chez l’autre, est perçu comme évident mais ne l’est pas pour nous,
  • Faire le lien entre deux visions du monde pour débloquer des situations figées.

🧭 Je me suis rendu compte plus tard que :

C’est justement ce parcours singulier et intime entre la France et la Chine qui avait éveillé ma passion pour les relations humaines interculturelles. Cette expérience est devenue ma plus grande force et mon principal atout.

Et puis, ce goût pour l’interculturel est bien plus qu’un simple intérêt personnel : c’est une véritable compétence, un levier que l’on peut mobiliser au quotidien dans un métier au service des entreprises à l’international — c’est ce que je fais depuis maintenant dix ans, mon parcours personnel est désormais au cœur de mon métier professionnel.

🧳 Aujourd’hui, j’accompagne des dirigeants français et chinois dans des projets B2B franco-chinois complexes, où le non-dit, le contexte, la posture, le mot juste, le silence, etc., comptent parfois davantage que les chiffres ou les slides.

Une compréhension fine des codes culturels permet très souvent de débloquer ce que la technique seule ne peut résoudre et de tout changer.

Cela est encore davantage utile dans un monde actuel de plus en plus tendu, où les entreprises à l’international font face à de nombreux obstacles environnementaux :

  • Barrières à l’exportation liées à la géopolitique,
  • Méfiance envers les pratiques commerciales chinoises,
  • Différentes prises de position idéologiques qui compliquent la communication,
  • Concurrence exacerbée des acteurs chinois sur les marchés mondiaux…

Alors, comment transformer cette situation, apparemment désespérée, en opportunité ?

🎯 C’est précisément dans ces moments-là que l’expertise interculturelle devient une véritable valeur ajoutée pour une entreprise à l’international. Je constate à quel point la compréhension culturelle reste un facteur de succès crucial… mais encore trop souvent sous-estimé.

L’interculturel n’est pas un « bonus » ou un « à-côté », mais une compétence stratégique, un levier de performance. Parfois, il suffit d’un regard extérieur — ancré dans les deux mondes — pour remettre le dialogue en mouvement.

🌍 Revenons sur ce que je fais concrètement pour nos clients dans le domaine de l’interculturel. Mon rôle essentiel consiste à faire dialoguer deux visions du monde pour créer une réussite commune :

  • Détecter et traduire des intentions implicites, pas seulement des mots
  • Éviter que des malentendus “invisibles” ne bloquent des projets à fort enjeu
  • Fluidifier les échanges figés par des différences d’approche
  • Créer ou récréer la confiance, etc.

🔍 Un exemple concret :

Un de mes clients, dirigeant français, ne comprenait pas le silence de son potentiel partenaire chinois après une réunion décisive.

« Il ne répond plus à mes messages. J’ai pourtant tout expliqué. »

J’ai contacté le potentiel partenaire chinois, qui m’a expliqué :

« Pendant la réunion, la partie française affichait une confiance excessive dans sa solution et une posture très dirigiste. M. XXX n’écoutait pas vraiment nos besoins ni nos attentes. Je n’arrivais même pas à placer un mot…On ne fait pas des affaires de cette manière chez nous. »

Le malentendu était évident : une posture et un ton perçus comme normaux en France avaient été ressentis comme trop frontaux, voire arrogants, de l’autre côté. Le dialogue s’était figé. Et, comme souvent en Chine, on ne dit jamais « non » directement à quelqu’un avec qui on n’a pas encore établi de véritable relation, donc silence radio…

Grace à mon intervention et mon « interprétation » interculturelle, les échanges entre les deux parties ont été finalement repris.

🌞 Cette double culture franco-chinoise, que j’ai d’abord vécue comme une contrainte et une adaptation permanente, est devenue mon expertise.

L’été est peut-être le bon moment pour ralentir, repenser au chemin parcouru… et réfléchir à ce que nos passions nous apprennent sur notre manière de travailler.

Et en ce qui me concerne, je me dis que tout a commencé avec un simple sentiment d’incompréhension dans un aéroport européen…

📣 Et vous, comment transformez-vous une passion en atout professionnel ?